vendredi 16 avril 2010

Peut-être un rêve ... peut-être...

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Les oiseaux se cachent en pliant leurs genoux … et se tordent le cou sous le fardeau du ciel… Ils raclent du bec la boue des certitudes et les débris de verre de leurs grandes lassitudes… Les enfants les regardent de leurs yeux d’or et d’argile… ils se cognent aux absences et aux portes de l’ombre… et se grillent les ailes au soleil de minuit… dans ces longues nuits obscures emplies d’indifférence …

Jour après jour dans la lumière intense ils se couvrent d’étoiles et de pierres de lune… Ils sont enfants et rêvent d’un monde aux fenêtres limpides et aux grandes portes de nacre donnant sur une mer immense, qui les yeux grands ouverts happe les remous d’un monde sous-marin, où les consones et les voyelles jouent à fendre l’onde en un chant cristallin…

Alors, ils sombrent et traversent la surface de cette eau qui inonde leur vie de quatre sous… D’un bon… oui, d’un seul ils sautent la muraille… et s’en vont de l’autre côté du miroir, voir si Dieu existe et s’il parle ce langage qui soulève les pierres… Ils retournent la peau d’un paysage incertain qui se perd dans le labyrinthe d’un décor de théâtre, où les acteurs sont de grands arbres nus qui pleurent leurs feuilles mortes… et leurs amours défuntes…

Dans les replis de leurs visages sans âge… ils vont, ils viennent entre deux millénaires imbriqués et soudés, nés du vert des feuilles à l’aurore du monde… petit soupçon du Verbe en germination dans le cœur de l’Homme…

Au bord de la falaise abrupte à l’autre bout du monde, il leur vient le désir d’apprivoiser ce costume éphémère et rustique qu’il leur faut dévêtir pour déployer leurs ailes… et s’envoler enfin, vers le monde des anges… ... ... ... ...
... ... ... Mais… ce n’était qu’un rêve sous la poigne du soleil … Réminiscences réelles … signaux des hautes sphères où la lumière s’infiltre et éclabousse le jour de ses restes oniriques rescapés de la nuit…


(peinture : Le pont brisé du rêve / Salvador Dali )

1 commentaire:

pierre a dit…

Du rêve
peu importe qu'il se réalise
seul l'envol compte