lundi 29 novembre 2010

Ainsi est le poète

.




Sa parole respire
au rythme de sa moelle

Dans sa bouche
les mots de chaque jour
prennent la couleur
et le parfum des fleurs

Ainsi est le poète

dans la confidence
et la confiance des choses
et des êtres




(Peinture : maria-d)

18 commentaires:

Bruno a dit…

Le poète est le messager de l'âme

Bon début de semaine Maria

jean jacques dorio a dit…

à María-D...évidemment


LE POÈTE EST-CE

Jean de la lune

Joan de la constellation "la poétesse"


Le poète est-ce

l’oeil collectif

des amérindiens

les doigts des

femmes Kuna

les traces expertes

d’un catalan

sur une grotte

des Pyrénées



Le poète est-ce

celui qui lève

la barrière

entre peinture

et poésie



Je ne sais pas

mais l’art entraîne

nous sort de l’inertie



La poétesse

est une infante qui joue

une maternité

une danseuse espagnole

une femme en révolte

une métaphysique de l’instant


un humour de poétesse

Au gré du temps a dit…

Ce tableau me fascine Maria

Bonne soirée

Bernard a dit…

Lavis?
Voyageuse
native
spirale
au fond
regard diaphane
de gris vert
d'eau noyée
d'univers
Être front, aux frontières
dendrites et cerveau
homme tête
arbre nu
et de terre, la sienne
sang chemin sève ivre
capillaire
bras ramures il se hisse
distille
la matière
envole en planètes
sphères mondes
pensées mauves
hiver jaune
lune ovale

Prête lui
le sourire la trame du papier
Qu'il se dresse
s'étire

liber
par qui les mots circulent
couleurs

aux branches
la lumière

il est droit
statuaire
à présent

il enfante

Frederique a dit…

Respiration, oui le poète s'oxygène et nous oxygène, au rythme de sa moëlle, c'est très physique en définitive, une transfusion de lui à nous, la confidence sans aucun doute, nous prêtons l'oreille à son intimité,la confiance ? non, l'interrogation plus certainement. Quoi que la confiance doit être immense pour ainsi se livrer.

arlettart a dit…

"C'est un peu de brouillard d'où tombe un peu de pluie " dirait V Hugo

C'est la spirale sans fin
des mots et des soupirs
La couleur du ciel par les yeux de son âme
Le rêve qu'il offre à celui qui l'écoute

Merci Maria pour ce poète inspiré en mouvement

Gérard Méry a dit…

Bravo pour ta peinture Maria, finesse des traits !

camille a dit…

Intériorité, extériorité.
Le poète va puiser la quintessence de ce qui l'entoure pour en sertir son coeur et nous l'offrir dans sa bouche entrouverte.

Vous l'êtes, le savez-vous ?

MioModus a dit…

Le poète
est un signe
se reflétant
dans l'eau des rimes.

maria-d a dit…

@ Bruno... et le panseur, le panseur Bruno, le panseur


@ JJD...

celui qui lève la barrière
et celle qui repeint la vie

celui qui remodèle l'histoire
et celle qui épluche le paradis

celui qui réveille les âmes
et celle qui refleurit les coeurs

... ... ...
...
...


@ Au gré du temps...
aurais-je des pouvoirs ensorceleurs


@ Bernard... que dire ami à ta lecture magique, merci pour la belle revisite de mon humble peinture...;-)


@ Frederique... oui, c'est physique bien sûr... n'oublions pas : coeur, corps, esprit... l'art se fait avec tout cela... et je pense que c'est véritablement une histoire de confiance... l'interrogation intellectualise... la confiance : accueille pour donner... ;-)


@ arlette...

"le rêve qu'il offre à celui qui l'écoute"... tout est dit là, merci arlette... c'est précisément cela


@ Gérard... merci beaucoup... bonne note alors ?...;-))


@ camille... sertir son coeur de la quintessence des êtres et des choses, comme l'image est belle, et comme la chose est belle et généreuse il ne peut rien faire d'autre que de l'offrir n'est-ce-pas... dans sa bouche entrouverte comme dans un baiser, cela je le sais oui... le reste je ne sais pas.


@ MioModus... et si les rimes le regardent en un seul regard ils se reconnaissent... merci

Frederique a dit…

Touchée, coulée... !

gmc a dit…

FLOR DE GRANADA

Comme un avant-poste
Sur Sniper Alley
Un panzerfaust ouvert en embuscade
L'escalade de la violence
Sur l'échevau de la soie
L'accolade de l'indécence
Sur les chevaux de l'effroi
Le poète est un camarade
Dans un peloton unitaire
Spécialisé dans les éxécutions

maria-d a dit…

@ gmc...

Par une nuit sans lune
dans sa ville de Grenade
où il fut exécuté
son corps mutilé, fusillé
fut jeté dans une tombe
... anonyme. Federico
Le rossignol andalou

maria-d a dit…

@ gmc (bis)


El crimen fue en Granada

À Federico García Lorca

Se le vio, caminando entre fusiles
por una calle larga,
salir al campo frio,
aun con estrellas, de la madrugada.

Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
rezaron : ni Dios te salva !

Muerto cayo Federico
sangre en la frente y plomo en las entranas
que fue en Granada el crimen
sabed - pobre Granada ! - en su Granada !

Se les vio caminar…
Labrad, amigos,
de piedra y sueno, en el Alhambra,
un tumulo al poeta,
sobre una fuente donde llora el agua,
y eternamente diga :
el crimen fué en Granada ! en su Granada !

Antonio Machado

...

Le crime eut lieu à Grenade


On le vit, marchant entre des fusils
Dans une longue rue
Arriver dans la fraîcheur de l’aube.

Sur le champ glacé
À la lumière des étoiles
Ils l’ont tué, Federico
Au lever du jour.
Nul dans le peloton d’exécution
N’osa le regarder en face.
Tous fermèrent les yeux ;
Prièrent : Même Dieu ne te sauvera !

Mort Federico tomba
Le front en sang, et le plomb dans les entrailles
… C’est à Grenade que le crime eut lieu,
Vous savez — pauvre Grenade ! — dans sa Grenade !

On les vit partir…
Amis, faites au poète
A l’Alhambra, une tombe
De pierre et de rêve,
Près d’une fontaine,
Dont l’eau en pleurant, dira pour l’éternité :
Le crime eut lieu à Grenade ! dans sa Grenade !

Antonio Machado

Estourelle a dit…

Ton tableau me fait penser à Noël et à une crèche (intérieure) une attente d'un accouchement de soi ou à soi et le poète bien sûr, faisant naître les mots du quotidien qu'il fait passer par le filtre de son intériorité de sa caverne intérieure le soi profond en germe, qui cherche en tâtonnant les mots pour se dire...et qui rejoint tout homme
ayant une oreille attentive...

Martine a dit…

Le poète est celui qui délivre les pétales de son oubli dans le fleurir affleurant sa conscience, qui recueille la semence de la fleur amoureuse, et la plante dans les jardins du monde pour que les yeux des autres voient germer l'inaltérable.

gazou a dit…

Ah ! que j'aime ce poète qui nous convie à être comme lui dans la confidence et la confiance des choses et des êtres !

maria-d a dit…

@ Estourelle ... j'aime bien cette référence à l'oreille, car il y a de cela dans cette peinture, merci beaucoup pour tes mots.


@ Martine ... celui qui sème la beauté dans les jardins pour que les yeux des autres se réjouissent , cette idée me plait tant et tant Martine... merci


@ Gazou... si simple pourtant et si essentiel, et si galvaudé cependant... merci et bonne nuit