mercredi 29 décembre 2010

Les anges de l'hiver

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De leurs doigts de lierre ils serrent les herbes fines
pour que les jours d’hiver ne prennent point racines

Le brouillard s’installe au cou des femmes maigres
longues écharpes de laine aux couleurs de vinaigre

Les larmes coulent et roulent sur les joues des petits
fugaces perles de gel qui brillent dans la nuit

Leurs pieds frottent les étoiles dans un ciel sans nombre
et leurs rires de cristal éclatent et se dénombrent



Les roses du jardin ouvrent leurs yeux d’agate
et se penchent discrètes sur un monde de ouate



La route est rouge du sang qui coule de leurs bouches
une rivière d’écume les draps blancs de leurs couches

Leur âme est de cristal et se brise comme le verre
dans le ciel qui engendre des petits contes d’hiver

Les enfants courent, grattent, déracinent les étoiles
leurs doigts longs et graciles se glissent sous la toile

Ils remontent le ciel jusqu’aux chambres des anges
et frappent à la porte rouge et or de l’Archange



Ils se couchent sur la paille de l’étable du ciel
et s’endorment heureux dans le berceau matriciel.








(Peinture : Les anges de Sodome / Gustave Moreau)

10 commentaires:

jeandler a dit…

Ils sont venus
portant la rose de Noël
celle qui se rit de la neige et du froid
la tenant en leurs mains
fragile de bonheur et de lumière.

michel, à franquevaux. a dit…

Variation:

Ils remontent le ciel, les anges frappent à la porte.

Ces enfants déracinent les étoiles, les doigts glissent sous les draps, serrent l’herbe : les jours d’hiver ne prennent, un pied frotte les étoiles, au ciel.

Leurs roses ouvrent les yeux. La route est rouge : coule une rivière d’écume. L’âme se brise dans le ciel d’hiver.

camille a dit…

L'envol des anges


L'ombre est bleue et la nuit palpite d'ors tremblants
Dans l'azur,on croit voir flotter des voiles blancs
Qui frémissent au souffle onduleux du mystère.

Les longs voiles trainants des anges de la terre
Qui montent vers les cieux,sans fin,sans bruit,en une
Ascension dont l'essor tremble au clair de lune.

N'entends-tu pas dans l'infini,battre les ailes?
Les étoiles,au chants des sphères éternelles,
Palpitent dans le vent de ces ailes rythmées,

Qui lentement,parmi les ombres embaumées,
Et le soleil immense et bleu de toutes choses,
Éventent le silence et font pâmer les roses.


Fernand Gregh

Gérard Méry a dit…

du pourpre dans le texte comme dans ta toile..quelle est belle encore celle ci !

maria-d a dit…

@ Gérard.... merci Gérard, je suis flattée ++++ mais cette toile n'est pas de moi, elle est de Gustave Moreau, c'est écrit en bas de note... je ne lui arrive pas à 1/1000 de l'ongle de l'orteil au Grand Gustave ... mais je suis d'accord avec toi ses peintures sont magnifiques et plus encore...

petite visite de son musée :
http://www.musee-moreau.fr/

O a dit…

" certains, sans le savoir, ont hébergé des anges "

Hébreux 13,1.2

Neyde a dit…

Nous sommes tous des enfants
et nous frappons à la porte des anges
Pour nous enfuir du froid de notre âme
pour nous sauver de la tristesse
pour voir couler l'eau de l'espoir
pour voir rennâitre la rose de la vie

Sido a dit…

Que ne sommes nous restés ces enfants qui déracinent les étoiles, puis s'endorment heureux avec les anges ! La route des humains est rouge (ou noire comme chez moi) des peines accumulés, des égratignures aux coeurs, des violences aux pensées ; l'univers de cristal pourtant, quelle belle destination ...Mais bien mystérieuse la voie qui y conduit.

C'est très beau Maria.
Belles journées à vous. Amitiés

maria-d a dit…

@ Jeandler...

Fleurs d'hiver


Oui, quelques fleurs d'hiver, et c'est tout! Leurs corolles
Ne s'ouvriront pas; mais leurs boutons ingénus
Te ravissent, ma mère, et mieux que des paroles
Evoquent les jardins que nous avons connus.

O notre cher Moulins! Devant nos yeux éclate
Parmi nos souvenirs gracieux et pensifs
Un éblouissement de rose et d'écarlate;
Et les deux pièces d'eau, la verdure, les ifs,

Nous voyons tout, les Dieux de pierre, la rocaille,
Et je te vois riante et les cheveux flottants,
Avec ton léger voile et ton chapeau de paille,
Et si belle au milieu d'un triomphal printemps!


Théodore de Banville



@ Michel de Franquevaux...

une douce et belle variation dans un ciel d'hiver qui accueille les brisures de l'âme. merci.



@ Camille.. merci c'est trop joli :
"Éventent le silence et font pâmer les roses."



@ O... merci énormément pour ces quelques mots... ils me vont droit au coeur et à l'âme.
"Continuez à vous aimer les uns les autres comme des frères et ne négligez pas l’hospitalité : n’est-ce pas grâce à elle que certains, sans le savoir, ont hébergé des anges ?"



@ Chère Neyde... rappelle-toi le petit cheval bleu de l'une et le petit matelot de l'autre... souviens-toi de cette belle rencontre ... oui, nous sommes tous des enfants et ainsi nous ne sommes pas perdus.
Je t'embrasse



@ Sido... merci pour vos lectures, vos mots qui habillent mon âme de lumière... tant que nous savons regarder , offrir et accueillir la beauté nous sommes dans le bon chemin et sommes restés enfants si proche des étoiles.
Je vous envoie mon affection pour qu'un peu de lumière éclaire votre route...

Gérard Méry a dit…

tu vois je t'en croyais capable...pas vu la signature lors du com.