samedi 8 janvier 2011

Elle se languit




Elle se languit de lui, elle l’attend chaque jour, chaque instant, au détour d’une phrase, au détour d’un mot, d’un regard de sable et d’eau au goût de peau.

Elle se languit de lui, elle l’attend dans le lit de sa jeunesse ronde, où ses lèvres et sa voix enflaient le cœur du monde.

Elle se languit et boit la sève de sa vie, les larmes qui lui restent dans les plis de son âme, dans les mailles de son cœur et le tricot feutré de sa poitrine en pleurs.

Elle se languit et griffe l’image d’un visage qui se perd dans la nuit et les forêts profondes. L’image d’une histoire qui s’allonge sur la plage pour que la mer vienne lui laver le visage.

Elle se languit, elle essore son corps, en extrait un jus rouge, une écume brûlante qu’elle reçoit dans sa paume pour colorer ses lèvres, ses joues.

Un nectar rouge vif, la cerise de sa chair.








(Peinture : Crystal Ball / John William Waterhouse)

10 commentaires:

Anonyme a dit…

que fuerza y que ternura..
me encantan las imagenes que utilizas
y encima hay un ritmo maravilloso en tu texto
esto es poésia pura
besotes mi hermana
fernando

martine a dit…

Ce texte est très fort et très esthétique......vraiment émouvant.........je le partagerais bien (si tu es d'accord) sur ma page fb, ou mieux, sur mon blog, c'est trop beau!!!!!!!!!!Belle, à bientôt......

Frederique a dit…

Une langueur distillée, malgré tout une eau-de-vie.

O a dit…

Hélas, je me lamente,
J’appelle, je languis, je pleure, je me meurs,
Je pousse à fendre un roc de dolentes clameurs,
Et vous ne venez pas ! Ah ! pauvre délaissée !
Quoi, déjà votre ardeur est-elle donc passée ?
Voyez mes pleurs ! voyez ! mon cœur en eau se fond.

Victor Hugo : Cromwell (Acte 3 ; Scène XIII)

0 a dit…

Chanson de Barberine

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire
Si loin d'ici ?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
Et que le monde
N'est que souci ?

Vous qui croyez qu'une amour délaissée
De la pensée
S'enfuit ainsi,
Hélas ! hélas ! chercheurs de renommée,
Votre fumée
S'envole aussi.

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire
Si loin de nous ?
J'en vais pleurer, moi qui me laissais dire
Que mon sourire
Etait si doux.

Alfred de Musset : Poésies Nouvelles


Votre page est d'une grande élégance.

Anonyme a dit…

Je me suis languie, ai failli y laisser ma raison, le renais peu à peu, métamorphosée, tout doucement ...
Tendres pensées vers toi, Maria ;-))
Kaïkan

maria-d a dit…

maria-d a dit…

@ Fernando ... gracias.


@ Martine... prends et dispose, il sera entre de bonnes mains.


@ Frederique... oui, à la cerise


@ O... merci pour ces beaux extraits, nous sommes en plein drame romantique


@ Kaïkan... comme je suis heureuse de te revoir, tu me manquais... mes pensées les plus douces vont vers toi ma Kaïkan.

dourvac'h a dit…

" Elle se languit de lui, elle l’attend dans le lit de sa jeunesse ronde, où ses lèvres et sa voix enflaient le cœur du monde."

... pourrait être le merveilleux titre de cette touchante "Boule de cristal" - oeuvre majeure de John Willam Waterhouse...

Bravo, Maria, pour cette fusion réussie... un moment de grâce, hors du monde...

Gérard Méry a dit…

L'ennui à une belle couleur rouge

maria-d a dit…

@ Dourvac'h... Boule de cristal... rondeur des souvenirs... Waterhouse magistral et se languir, tout est là pour fusionner . Yes !
merci


@ Gérard... la langueur serait-elle de l'ennui ??? Peut-être, un peu... mais pas vraiment... plutôt une mélancolie douce et rêveuse.
Le rouge est une belle couleur, nous sommes d'accord. ... ;-)