lundi 10 janvier 2011

Fantasque

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L’enfant sur le chemin attrape la parole
lui tord le cou … et la pose sur un caillou
Géométriquement entre espace et raison
Tableau de mille feux sur les nuages roux
où ses gestes se perdent, s’effacent. Nu.

Son rire est de silence et de fièvre ténue
qui creuse dans sa gorge un sillon contenu
Mathématiquement entre pluie et passion
Paysage d’un corps égratigné de mille rais
où coule une rivière à l’odeur de craie. Né.





(Peinture : Insula Dulcamara / Paul Klee)

11 commentaires:

maria-d a dit…

« Dulcamara » associe deux mots latins de sens contraire, « dulcis » (doux, suave) et « amarus » (amer), dont la réunion renvoie sans aucun doute à la situation personnelle de Klee durant ses dernières années. Les moyens d’expression également.
À la douceur des tonalités s’associe une certaine amertume discrètement suggérée par les éléments tirés de l’iconographie personnelle de Klee. Dans la partie supérieure du tableau, on peut reconnaître deux signes astraux inversées qui évoquent les forces aveugles du destin. La côte de l’île « douce-amère » est réduite à une ligne sinueuse, au large de laquelle passe un bateau, symbole polyvalent, évocateur de départ, de voyage, mais aussi de fragilité, comme c’est souvent le cas dans son œuvre depuis 1917. Dans la partie inférieure gauche, se profile une ligne serpentine. Fréquemment symbole de menace, le serpent reviendra plus souvent dans les œuvres de 1940 comme celui de la créature mourante. Il suffit de comparer la tête blanchâtre de la figure centrale avec celle plus fantomatique de Mine grave, de 1939, ou avec celle de La mort et le feu, de 1940, pour comprendre qu’elle fait surgir le spectre de la mort. Les autres signes, plus abstraits, contribuent à l’animation de la surface. Cette île douce-amère n’est pas un lieu précis : elle symbolise plutôt la vie tout entière « ici-bas ».

Constance Naubert-Riser / Les chefs-d’œuvre de Klee / Hazan … p.118

JJD a dit…

BEL AUJOURD'HUI...et hasards objectifs

Sur le registre où le temps s'inscrit
J'ouvre aujourd'hui une page blanche

Kaïkan a dit…

Je te souhaite, Ma Maria une pause de ressourcement, profonde et fantasque, comme un rire d'enfant et un sourire de sage ;-))

camille a dit…

Dois-je comprendre que vous nous quittez pour quelque temps. Reviendrez-vous de vos rivières de craie avant que je ne reparte en voyage en février ?
Dites-moi. Bonne pause. Bon repos.

"Personne ne se repose jamais vraiment, on imagine qu'on se repose ou qu'on va se reposer mais c'est juste une petite espérance qu'on a, on sait bien que ça n'existe pas, ce n'est qu'une chose qu'on dit quand on est fatigué."
Jean Echenoz : (Je m’en vais)

Avec vous est ma pensée, à bientôt.

Camille

jeandler a dit…

En un chemin serpentant
j'ai recontré Klee
pour un bonheur du jour

Frederique a dit…

Pause... je te souhaite la respiration nécessaire pour reprendre la mesure de ta, tes partitions. Bien à toi.

Bruno a dit…

Balade dans le monde du rêve ...

ulysse a dit…

Marie j'aime ramasser les mots posés sur les cailloux....

Douce pause .....mais à bientôt j'espère

camille a dit…

Puisque de l' enfance envolée
le rêve blanc,
comme l' oiseau dans la vallée,
fuit d' un élan ;
puisque mon auteur adorable
me fait errer
sur la terre où rien n' est durable
que d' espérer ;
à moi jeunesse, abeille blonde
aux ailes d' or !
Prenez une âme, et par le monde,
prenons l' essor ;

avançons, l' une emportant l' autre,
lumière et fleur,
vous sur ma foi, moi sur la vôtre,
vers le bonheur !
Vous êtes, belle enfant, ma robe,
perles et fil,
le fin voile où je me dérobe
dans mon exil.
Comme la mésange s' appuie
au vert roseau,
vous êtes le soutien qui plie ;
je suis l' oiseau !
Bouquets défaits, tête penchée,
du soir au jour,
jeunesse ! On vous dirait fâchée
contre l' amour.
L' amour luit d' orage en orage ;
il faut souvent
pour l' aborder bien du courage
contre le vent !
L' amour c' est Dieu, jeunesse aimée !
Oh ! N' allez pas,
pour trouver sa trace enflammée,
chercher en bas :
en bas tout se corrompt, tout tombe,
roses et miel ;
les couronnes vont à la tombe,
l' amour au ciel !
Dans peu, bien peu, j' aurai beau faire :
chemin courant,
nous prendrons un chemin contraire,
en nous pleurant.
Vous habillerez une autre âme
qui descendra,
et toujours l' éternelle flamme
vous nourrira !
Vous irez où va chanter l' heure,
volant toujours ;
vous irez où va l' eau qui pleure,
où vont les jours ;
jeunesse ! Vous irez dansante
à qui rira,
quand la vieillesse pâlissante
m' enfermera !

Marceline Desbordes-Valmore

O a dit…

Être nu, Être né
Être tu

Renaître
de Lumière et de Chair

maria-d a dit…

@ Vous Tous

Bonjour
merci
à plus tard
au revoir