vendredi 9 septembre 2011

Les manches de l’hiver

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Il gratte le ciel pour en extraire l’or du temps, la précieuse substance de la vie. Cette fleur magique ridée en son milieu. Il appelle les anges, le vent lui lèche le dos, il sanglote de joie dans les plis du rideau. L’oiseau est dans le nid, il tremble, lisse ses plumes et ouvre le bec au passage de la pluie.

La nuit, il tend l’échelle et strie les échelons. La volonté est devant, elle crie et meurt au creux du lit. La rencontre se fait au cœur de la bruyère, en silence et prière. Le jardin exhale ses senteurs, il s’ouvre et s’éveille avant les grandes gelées, avant les grandes marées. Nul ne voit l’aurore sortir du fond du puits.

La blancheur est de lait et de pain partagé. Il évite le sentier qui descend vers la mer. Sa foi est calculée, le mystère est si grand, et le secret le ronge. Ses yeux sont des rubis accrochés aux secondes, accrochés aux replis de grands lambeaux de feuilles. Le temps est un oiseau aux ailes de vermeil.

Une pierre, un raisin, une joue, une langue. L’enfant porte l’encens, l’autre l’anathème. Il souffre de sa vie, il tressaille dans son cœur, il cherche Dieu dans chaque bulle sur l’eau. Les fleurs se froissent, se déchirent, elles courent sur le pire, elles se roulent dans l’herbe et courent avec le vent.

Les yeux sont des étangs où le ciel se mire, la main au cou du jour qui reprend sa quenouille, tandis que sur la terre les anges s’agenouillent. Chaque nuit, chaque jour le feu brûle dans l’âtre et caresse de sa flamme la porte des absents. Ceux qui nous tirent les larmes, aussitôt qu’on les pense.

La vie est une orange, que l’on mange par quartier. La vie est une fille que l’on prend yeux fermés, captive et douce, une rougeur sur la tempe où bat son sang d’épine. Il pleure et songe à la roue de tristesse, au raisin de la vigne et au pain qui se rompt en un silence blanc. Il neige dans le cœur de cet enfant tout blanc.

Sa chair est de souffrance, ses yeux mélancolie où le sel se répand en de grands bancs fleuris. Une larme s’étrangle au cou de ses longues nuits, contre toute espérance, il prend la solitude et la jette aux nues. Il reste fidèle aux passagers du vent, aux amis de la pluie qui crèvent les nuages de leurs doigts d’acier blanc.

Il cherche dans le ciel, cette poudre de pluie, cette poudre d’or fin qui embellit l’esprit, cette feuille de verre qui protège les âmes de nos géants absents. Le ciel s’ouvre à lui, il gratte et rogne l’os sous les braises du couchant. Il écrit, et transcrit à grands coups de couteau sa vie mûrie à point, sa chair qui se fend … et le grand tremblement.


une résonance à ceci





(Dessin : maria-d)

10 commentaires:

brigetoun a dit…

mais chaque mot est saveur

camille a dit…

Les esprits nous portent
et l'esprit vous porte
c'est étonnamment beau

merci

if6 a dit…

une musicale d'une grande beauté où se cachent quelques alexandrins ;)merci oui pour ce partage que vous nous offrez chaque jour.

J... a dit…

Une souffrance essuyée.
♥♥♥
celui-ci, je le veux.
♥♥♥

O a dit…

Il cherche "celui qui est".
Il cherche "Je suis".
Il cherche l'infini.

jeanne a dit…

il cherche l'Amour...

Kaïkan a dit…

Je suis sous le charme Maria, tellement sous le charme qu'une source en moi vibre et se réveille d'un sommeil trop long ... Merci à toi, Hermana ;-))

jeandler a dit…

C'est le mot charme effectivement qui vient à l'esprit, la lecture faite.

Un très beau texte
en assonnance
sans dissonances
avec Michel de franquevaux

michel, à franquevaux. a dit…

"caresse de sa flamme la porte des absents."

maria-d a dit…

@ brigetoun… merci



@ camille … tout est affaire d’esprit, donc …



@ if6 … alexandrins cachés venus sans crier gare, alors…



@ J...

Alors,
♥ ♥ ♥
il te faut le prendre
♥ ♥ ♥



@ O …
"Je suis celui qui est".
dit-il




@ jeanne…

Le trouvera-t-il ?



@ Kaïkan … et moi, rose sous l’émotion… un abrazo



@ jeandler… merci ami
Avec ou sans… une résonance



michel, à franquevaux. …
".. …. …….. .. .. … …."