lundi 26 mai 2008

LE FIL DE SOI ... .. .

..

l’absence

la fissure

là … au creux de l’âme

ne pas la laisser s’installer

ornière béante

se remplissant d’eau

ombreuse … ombrageuse

ne pas s’effondrer

ne pas s’émietter

ne pas … partir en poussière

dans la brèche ouverte

ne pas laisser faire

cette liane verte

qui roule et s’enroule

dans le soi … l’entre soi

et les limbes du soi

s’accrocher à la branche

se hisser hors de soi

et tirer la racine

la ramener à soi

sur le bord

de la route

et le fil

de soi

..

.

samedi 24 mai 2008

DANS LA NUIT DURE...

Dans la nuit dure

des voix cognent à mon oreille

elles appellent … elles épellent

elles disent … elles dictent

des mots ensevelis

des mots de pluie

des mots essentiels

cachés sous l’aile


Dans ce clair-obscur

où la pénombre s’éclaire du sourire de la lune

c’était hier sur le chemin des larmes


Les maux de l’âme habitent le ciel

en écouter leurs chants mélancoliques

et les écrire à l’encre noire dans cette nuit blanche

qui se lamente et s’éternise

et s’étire dans ses draps noirs


Ecrire …

… … … et rire …

de cette nuit dure et d’insomnie

s’en aller sous la pluie …

et se pendre à la branche

la tête en bas

..

.

en chauve-souris


jeudi 22 mai 2008

LE FLEUVE

Là-bas au loin en profondeur

En oubliant sa lumière en surface

Ainsi que la fraîcheur de ses rives

Le fleuve traîne sa mélancolie

Le fleuve a mal à son corps d’ombre

Il s’égare et son âme dérive

Le fleuve a mal à ses eaux…

...


La Loire


mardi 20 mai 2008

SURVIVANCE

Un geste, une trace, une empreinte

une ligne, une forme, une tache

une composition

de l’ART

Du papier, de la toile, du carton, du bois

Bouts de papier déchirés

collés, froissés, entaillés

Éruptions de couleurs propulsées

lancées, projetées, posées

Surfaces peintes, maculées, souillées, barbouillées

Toiles huilées, encrées, marquées

Fragments d’histoires à bâtir

à élever, à construire, à éclaircir

Morceaux de la pensée à imaginer

à rêver, à évoquer, à retrouver

Restes d’émotions à étreindre

à empoigner, à presser, à restreindre

Dans cet espace d’émergence

le laisser faire prime sur le conforme

Une histoire se construit

et se déconstruit

pour enfin prendre forme

Une bataille

Une vraie bataille d’hommes et de femmes

d’allégories, d’images, de symboles, de drames

Force créatrice face au chaos

Intimité, confusion, dislocation, reconstruction

Corps à corps d’où surgit la vie

Qu’il me faut recevoir

accueillir, sentir, saisir

Tenter de décoder sans travestir

Tenter de connaître sans compromettre

Tenter de comprendre sans prendre



lundi 19 mai 2008

L'ENFANT

L’enfant coquille naquit

Un jour de soleil noir

Où je crus perdre

Le soleil de ma vie




"L'enfant et les sortilèges"

2006

samedi 17 mai 2008

IL FILE ET IL TISSE...


Il revient de très loin… il est né du silence… du terreau des poèmes et du verbe de la terre… Il file les mots… les peigne et les tresse en longues nattes silencieuses… Il regarde le ciel… des colonnes de lumière tombent sur les pierres… les feuilles luisent et bruissent dans cet enclos de sève… Cet intime jardin qu’il voudrait protéger… Il sème ses graines silencieuses sur l’écume du jour … l’encre de la nuit… sur le visage de la lune et le ventre de la mer… Il accroche ses mots tressés aux cheveux du vent… les rayons de soie glissent entre ses doigts… Il tresse… il tisse… il trame… il lisse… il peigne encore et encore… Il assemble les mailles du temps… en un linceul pourpre où il peint les oiseaux… épingle les insectes… griffe les branches… roule les cailloux… les doigts meurtris par tant de besogne … mais… bientôt… bientôt… sa liberté sera…

Mots tissés quelque part le 18 juin 2007


jeudi 15 mai 2008

BEAUTE PRECAIRE

Fragment d’étoile

dans l’œil qui se repose

sur la lueur du monde

en cette lumière de l’aube

où le temps s’écoule

en dehors des portes de la nuit


Là-bas sur le bord du ciel

l’appel du jour

sa voix claire

légère et féconde


Mon regard s’y perd

et se noie dans l’onde

de cette journée neuve

qui sort de l’ombre


Le silence du ciel

tel un voile nuptial

m’enveloppe et m’inonde

de cette beauté précaire

née d’un amour entre terre et ciel