dimanche 22 novembre 2009

À L’OUVERTURE DU JOUR

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Quand le calice de la sphère
se déverse au petit matin …
une clarté laiteuse enveloppe l’air
et dissipe fébrilement les fils de la nuit

Dans ce silence matinal
germent lentement les consonnes et les voyelles
du jour qui s’ouvre au monde
en une douce mélodie



vendredi 20 novembre 2009

UNE FEMME RÉVOLTÉE


"Ce qu’il m’a appris , c’est la liberté. J’étais un oiseau dans ses mains, mais un oiseau qui savait qu’il avait le droit de s’envoler."


Catherine Camus ( fille d'Albert)
le nouvel Observateur n°2350 / 19 – 25 novembre 2009... p.14





Si Nicolas Sarkozy lisait l’œuvre de Camus… il comprendrait que cet Écrivain… prix Nobel de littérature … hors pair … n’a nul besoin d’entrer au Panthéon pour être un Grand Homme …

… avec tout mon respect Monsieur Camus …
… je vous aime …

… il suffit de se plonger dans La Chute pour considérer l’existence avec un regard autre… de lire et (re) relire L’Étranger pour prendre de la force… de l’énergie… de la foi en soi et en la vie… de se plonger dans L’Homme révolté pour se sentir exister… de côtoyer Les justes pour flirter avec des valeurs porteuses d’idéal… et de liberté… et de lire La peste pour marcher côte à côte avec le réel et l’action… et parce qu’il suffit de vous regarder Monsieur Camus, cigarette aux lèvres pour saisir votre intégrité… et votre honnêteté… votre grandeur et votre statut d’HOMME engagé…
je vous aime Monsieur Camus … vous, "le juste"… qui pensait que la pauvreté n’était ni un malheur ni un destin mais la nourriture de la révolte… je vous aime pour ces pauvres… je vous aime parce que vous êtes un frère… un modèle et une référence… un souffle et une source d’inspiration …

Fin octobre 1981 avec une amie nous sommes allées nous recueillir sur votre tombe à Lourmarin petit village du Luberon où chantaient les cigales… dans votre lit pour l’éternité vous étiez recouvert de laurier et de romarin…. cela sentait bon le soleil… la liberté … vous étiez là à deux pas de Bosco … l’enfant de la rivière… et les oiseaux volaient… voletaient… chantaient et batifolaient à la porte de vos demeures…

oui... je vous aime Monsieur Camus et il m'est doux de penser que vous êtes là... tranquille... dans votre petit cimetière de Lourmarin.
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jeudi 19 novembre 2009

CES MAUX...

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… ces maux
qui te restent incrustés
… … dans l’âme
et disparaissent dans la terre
que tu as ensemencée
de tes mots de limon
pour dire l’ineffable

les sentiments
… alors, se libèrent…
… … et les maux se délient …
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mardi 17 novembre 2009

LES ENFANTS DE LA NUIT

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Sur les chemins de poussière et de gel… les enfants de la nuit poussent les portes de l’oubli… ils sont arrivés par ces sentiers crépusculaires baignés de lumière… ils sèment des pétales de roses et de jasmin sur la peau des absents… subtiles parfums effleurant les corps oubliés, piétinés… enterrés dans les mémoires et les silences blancs… puis, avec grande précaution ils enveloppent ces longs corps de verre dans des linceuls de tulle gris… et les portent sur l’autel du temple de la nuit…
Enfants aux yeux de pluie et aux cheveux de vent… habillés de brume et de longs manteaux blancs… ils remontent la mer et tissent de fins lambeaux de ciel sur les sables mouvants… de grands morceaux de ciel ouvrant les portes du néant…



dimanche 15 novembre 2009

RÉSONANCE [5]


Ils descendent au très fond… et dans leur regard trouble, il leur faut se cacher… et peindre des images sages dans la pupille de leurs yeux… s’éloigner du vertige, du cratère en fusion… et sur la mer … en pensée … saisir la couleur du vent …

Le trouble est certain... dans les yeux de l'absence... sur les murs de la honte et les eaux si profondes... cette mort intruse qui vient à petits pas... et infuse le grand froid à ces morts-vivants, absents dans les yeux des vivants...

Ils ont le cœur en partance sur les routes désertes qui s’étirent longuement dans les fibres de la nuit… Ils retirent leurs guenilles et glissent sous la lune… aux confins d’une improbable présence… là-bas où seule l’étoile de l’espérance saura leur montrer le chemin…

Il peignent leurs cheveux et lissent leur peau d’ambre … se donnent un visage sous la frange de l’âge et referment la page du grand livre d’images… ils déchirent le ciel en lambeaux d’eau perlée … et sur la terre meuble ils jettent leurs semences de rêves égarés… et désirs de partance…

Dans cette nuit démente survient le grand doute… celui qui serre les gorges et taillade les âmes grises… jour après jour… nuit après nuit… ils raclent et trient… désherbent et griffent …et labourent la terre pour de nouvelles semailles… ils oublient les hivers et les tempes flétries … ils sont jeunes, orgueilleux et attisent le feu… pour glisser leurs pensées racornies sous la braise de la vie…

Ils travaillent sans relâche… et sans cesse ils recommencent, leur labeur est sans fin… les bêtes s’agglutinent sur les chemins de pierres et leur œil s’acharne à gonfler la paupière d’une promesse poisseuse d’où coule une eau boueuse qui noie les espérances… ils avancent et reculent… et s’engouffrent dans le noir d’une journée sans pain… atteindront-ils enfin, le cœur du chaos, pour revenir en force vers la paix… la lumière qui de sa main laiteuse caresse avec ferveur tous les matins du monde…

Le soleil est de nacre… les oiseaux défroissent leurs ailes …le jour déplie ses cils et la lumière inonde leurs cœurs de papier…


9 - 15 novembre 2009


vendredi 13 novembre 2009

RÉSONANCE [4]


Il aimerait être le vent… et la pluie… et le soleil… et les racines de l’arbre qui s’enfoncent dans le cœur de la terre…. Il aimerait être l’eau claire qui caresse les lèvres du ciel et porte la barque là-bas… de l’autre côté du monde… là-bas où l’on n’a plus peur de rien…

Il se laisse bercer par la musique venue de si loin… dans cette béatitude, il ne craint pas le froid… ce froid qui mord et pince sa peau si tendre, si douce… sa peau de satin et pétale de rose… dans cette froide journée de pluie et de crachin, il entonne ce chant lointain… ce chant de roi venu d’un temps ancien, d’avant le monde… d’avant le commencement… il est là, il entend et il attend… il est là, bien présent… dans l’instant…

Il est seul pour longtemps… loin du bruit et des hommes en furie … ce monde lui fait peur, il le dit, il le crie et l’écrit… seul subsiste en lui l’espoir de la vie… cet espoir rencontré jadis une nuit sur la paille d’une étable… « Étoile radieuse du matin » sous le voile du soleil et le fil de l’ange…

La vie s’écoule dans le lit du grand fleuve … douce et paisible… aimante et charmante… la rumeur est au loin… derrière les collines et les remparts des villes… de ces villes assiégées où pleurent les enfants et où les mères attendent sans cesse l’inespéré… elles attendent les plus grands, partis depuis longtemps là-bas derrière le monde où les corps s’effondrent…

Il s’accroche aux rochers et regarde le monde… il jette sa colère aux quatre coin de l’onde et il essuie le ciel d’un revers de la main… cette main qui naguère écrivit le grand froid sur les draps de la nuit… et ces longues pluie d’hier qui lavèrent les cris…

Il détisse le grand voile qui enveloppe ses années lointaines de détresse et d’errance… il espère et il prie… il se lève et promet au Très Haut des lendemains heureux, de semailles et bombances … et de pain quotidien … supplication qu’il lance au ciel… ce ciel qui reste sourd à son appel sans fin…

Il appelle les étoiles et les astres si loin… il est seul et demain il gonflera la voile pour partir vers des pays de rois et d’enfants aux yeux d’or et d’azur… il naviguera vers ces sentiers vivants où cheminent les anges, les mages et les sages… sur ces sentiers du monde où passent des hommes sans nombre et toute l’armée des cieux…
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2 - 8 novembre 2009


jeudi 12 novembre 2009

LE VIEIL HOMME ET LA FLEUR

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