mardi 4 octobre 2011

Il y a ...

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Il y a les portes de la nuit

Il y a le jour où tu partiras
Il y a le désert
Il y a le grand univers
Il y a la Source où je me désaltère
Il y a les déserteurs
Il y a les gens du voyage qui se font expulser
Il y a tous ceux que je porte dans mon cœur
Il y a le jour
Il y a la nuit
Il y a le vent qui dit de la poésie
Il y a la lueur d’une étoile
Il y a L. qui marche sur les sentiers lumineux
Il y a la bonne étoile de chacun
Il y a l’incertitude du lendemain
Il y a l’essentiel
Il y a les longues nuits d’insomnie
Il y a des rapaces qui épient
Il y a les belles nuits chaudes d’été
Il y a l’océan qui gronde
Il y a la ligne d’horizon là-bas au loin
Il y a l’éternité des justes
Il y a B. qui est parti là-bas _ bien loin
Il y a mon crâne explosé
Il y a le blanc
Il y a le noir
Il y a les soleils couchants
Il y a les larmes de la lune
Il y a de la douceur avant toute chose
Il y a le grand froid de la Mort
Il y a ceux qui partent pour le grand hiver
Il y a ceux qui arrivent dans la chaleur de l’été
Il y a la nuit qui tombe
Il y a l’émotion des mots
Il y a ton image qui ne me quitte pas
Il y a les « Poèmes à Lou »
Il y a celui que tu aimais bien
Il y a Marie Trintrin
Il y a les Maîtres du temps

Il y a le temps qui revient




(Peinture : maria-d)

9 commentaires:

brigetoun a dit…

j'aime et déguste cette série des "il y a"

O a dit…

Il y a en vous cette éternité dont vous parlez
et j'aime moi aussi cette succession de "il y a", à la fois si simple et si complexe.

michelgonnet a dit…

Bonjour Vous (sourire)

Il y a surtout, ici, cette humanité chaleureuse et féconde, cette halte lumineuse pour les petits de la femme et de l'homme.

Merci à vous femme précieuse.

Laura a dit…

Il y a beaucoup de bonheur à lire ...

maria-d a dit…

@ brigetoun ... aimer, déguster ... merci


@ O ... parler d'éternité simple et complexe
merci


@ michelgonnet ... pour "les petits d'homme" comme disait ce cher Fernand Deligny... merci à vous cher Monsieur


@ Laura ... lire est un bonheur ... merci

Gérard Méry a dit…

il y aura ?

jeandler a dit…

Tout est parti d' Apollinaire
il y a bien longtemps que tu avais goût de ce poème...

maria-d a dit…

@ Gérard ... il y aura


@ Jeandler ... il y a bien longtemps que j'ai goût d'Apollinaire
et puis il y a aussi celui-ci :

" Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée
Il y a dans le ciel six saucisses et la nuit venant on dirait des asticots dont naîtraient les étoiles
Il y a un sous-marin ennemi qui en voulait à mon amour
Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d'obus autour de moi
Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
Il y a que nous avons tout haché dans les boyaux de Nietzsche de Gœthe et de Cologne
Il y a que je languis après une lettre qui tarde
Il y a dans mon porte-cartes plusieurs photos de mon amour
Il y a les prisonniers qui passent la mine inquiète
Il y a une batterie dont les servants s'agitent autour des pièces
Il y a le vaguemestre qui arrive au trot par le chemin de l'Arbre isolé
Il y a dit-on un espion qui rôde par ici invisible comme l'horizon dont il s'est indignement revêtu et avec quoi il se confond
Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
Il y a un capitaine qui attend avec anxiété les communications de la T.S.F. sur l'Atlantique
Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils
Il y a des femmes qui demandent du maïs à grands cris devant un Christ sanglant à Mexico
Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
Il y a un cimetière plein de croix à 5 kilomètres
Il y a des croix partout de-ci de-là
Il y a des figues de Barbarie sur ces cactus en Algérie
Il y a les longues mains souples de mon amour
Il y a un encrier que j'avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu'on n'a pas laissé partir
Il y a ma selle exposée à la pluie
Il y a les fleuves qui ne remontent pas leur cours
Il y a l'amour qui m'entraîne avec douceur
Il y avait un prisonnier boche qui portait sa mitrailleuse sur son dos
Il y a des hommes dans le monde qui n'ont jamais été à la guerre
Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales
Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s'ils les reverront
Car on a poussé très loin durant cette guerre l'art de l'invisibilité"

Maïté/ Aliénor a dit…

à l'école du bon goût.