lundi 23 janvier 2012

L'absente

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__________Dans les rues obscures aux infinies tendresses
__________je cherche cette absente
__________au cœur de mon enfance

__________Mes pages de cahiers restent blanches

__________et mes yeux fatigués se vident de leur encre

__________Nuit suspendue dans le ventre de l’absence


__________Je griffe le papier de ma griffe de sang

__________la vie est encore là
__________et j’ouvre ma mémoire aux gouttes de safran
__________qui perlent dans le noir

__________Tout est inscrit

__________tout est dit sur la page des orages
__________sa bouche
__________sa voix et les cris de mes pages

__________J’entends sa douceur qui chuchote à mon cœur

__________des mots anciens et langage oublié
__________cet accent de safran
__________qui berçait mon enfance

__________Je suis cette enfant

__________éclatée et sereine
__________qui court à perdre haleine sur les chemins du vent





(Peinture : Grand vent (détail) / maria-d)

16 commentaires:

camille a dit…

L'enfance

Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l'essor,
On n'a pas besoin des sciences,
Lorsque l'on vit dans l'âge d'or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n'en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?

Nous sommes loin de l'heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.

Gérard de Nerval

jeandler a dit…

Comment est-ce possible ?

Ce cahier retrouvé
cette encre violette
dont rien n'a pâli
que les mots assourdis
la couverture rongée

Comment est-ce possible
que ce soit toi
qui l'ai écrit ?

Maïté/ Aliénor a dit…

Les chemins du vent sont si beaux.
Même s'ils passent pas l'absence
ou parce qu'ils passent par l'absence: allez donc savoir.
Mais vous le savez, ils vous inspirent. ils vous aspirent.
Les chemins du vent aussi chez Anne Sylvestre.

François a dit…

"sa bouche
sa voix et les cris de mes pages"
la voix de la mère sur la voie de l'écriture
cette mère, cette absente, cette éternelle présence
Elle est là qui panse cette enfance qui n'est plus.
"J'ai été un enfant, je ne le suis plus et je n'en reviens pas." (Albert Cohen dans lettre à ma mère)

Anonyme a dit…

l'absente est là
dans les chemins du vent
nous prend par la main
tant que nous sommes avec elle
elle est là
à toujours

jeanne a dit…

parti trop vite mon commentaire

michel, à franquevaux. a dit…

Safran, sur les chemins du vent.

Anonyme A a dit…

la poésie, c'est l'enfance retrouvée à volonté
Baudelaire

maria-d a dit…

@ camille...

" L'enfance a ses odeurs " écrivait Cocteau



@ jeandler ...

" Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom "



@ Maïté ...

Les chemins du vent nous apprennent à réveiller l’aurore chaque jour né



@ François...

Merci, comme j’aime ces mots, car moi non plus je n’en reviens pas…
J’aime votre nouvelle appellation du " Livre de ma mère " de Cohen, qui peut effectivement être une lettre à sa mère… ;-)



@ jeanne ...

Une belle présence éternelle



@ michel de franquevaux. ...

Vent, sur ses chemins safran



@ A ...

"L'enfant

A quoi jouait-il cet enfant ?
Personne n'en sut jamais rien.
On le laissait seul dans un coin
Avec un peu de sable blanc
On remarquait bien, certains jours,
Qu'il arquait les bras, tels des ailes
Et qu'il regardait loin, très loin,
Comme du sommet d'une tour.
Mais où s'en allait-il ainsi
Alors qu'on le croyait assis ?
Lui-même le sut-il jamais ?
Dès qu'il refermait les paupières,
Il regagnait le grand palais,
D'où il voyait toute la mer."

Maurice Carême

Frederique a dit…

Elle t'a donnée de quoi te nourrir en son absence. Il est des présences, arides et hostiles qui n'offrent que griffures.

Gérard Méry a dit…

à la recherche du temps...d'enfance !

maria-d a dit…

@ Frederique ...

Ses griffes étaient de douceur
un point rouge en mon coeur



@ Gérard ... et qui n'est point perdu ;-))

François a dit…

Je suis confus, il s'agit bien sûr du "Livre de ma mère".
merci pour votre indulgence.
Bien à vous.

Laura a dit…

"les infinies tendresses" qui tapissent notre être

Bruno a dit…

Nostalgie d'un passé
Les rêves dans les yeux
Je regarde le temps qui passe

el duende a dit…

Maria,
Une seule substance pour évoquer l'être aimé et quelle substance précieuse, quel coloris ensoleillé ... Superbe !