mardi 20 mars 2012

Vécu






                         Le vécu
                         le vaincu

                         se fend
                         se brise

                         comme le globe
                         des secondes

                         nous sommes
                         cette attente
                         ce galet éclaté
                         au cœur de nos enfances

                         tout est écrit
                         rayure de l’impossible


                                   hachure

                                   griffure
                                   blessure


                         la voix se lève
                         l’œil s’éteint

                         la bouche s’ouvre
                         la gorge a soif
                         la langue lèche
                         la trahison

                         et cette usure
                         cette érosion

                         parmi les pierres

                         les ronces grises

                         la peau
                         un cil
                         l’œil

                         orbe
                         en calice
                         lèvres
                         du jour




(Peinture : Pupille / maria-d ... photo retravaillée avec Photoshop)

8 commentaires:

brigetoun a dit…

que dire ? beau

michel, à franquevaux. a dit…

Voix et regard.

J... a dit…

J'aime beaucoup

du bout des lèvres ♥♥♥

Frederique a dit…

D'où tiens-tu cet oeil intérieur qui écrit si beau ?

Patrick - Lucas a dit…

des rayures profondes
sur la peau
des lèvres ouvertes
sur le
silence brut
du jour

Estourelle a dit…

c'est simplement beau

maria-d a dit…

@ brigetoun...

« D’un grand geste dernière flamme
Il a chassé cette beauté
Qui l’orientait

L’été latent fini
Grise naissance au ciel flottant
De fleurs surprises par la nuit
Par l’affreuse mort de la terre

Comme une porte qui s’abat
Entre deux prisons éternelles
Sa tête sombre entre ses mains.»

Paul Eluard / Le ciel de tous les jours/ Le livre ouvert)



@ michel de franquevaux....

« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.»

Paul Eluard / La courbe de tes yeux / Capitale de la douleur



@ J......

« Ta bouche aux lèvres d'or n'est pas en moi pour rire
Et tes mots d'auréole ont un sens si parfait
Que dans mes nuits d'années, de jeunesse et de mort
J'entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde

Dans cette aube de soie où végète le froid
La luxure en péril regrette le sommeil,
Dans les mains du soleil tous les corps qui s'éveillent
Grelottent à l'idée de retrouver leur cœur

Souvenirs de bois vert, brouillard où je m'enfonce
J'ai refermé les yeux sur moi, je suis à toi,
Toute ma vie t'écoute et je ne peux détruire
Les terribles loisirs que ton amour me crée. »

Paul Eluard / Capitale de la douleur.



@ Frederique ...

« Dormir, la lune dans un œil et le soleil dans l'autre,
Un amour dans la bouche, un bel oiseau dans les cheveux,
Parée comme les champs, les bois, les routes et la mer,
Belle et parée comme le tour du monde.

Fuis à travers le paysage,
Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent,
Jambes de pierre aux bas de sable,
Prise à la taille, à tous les muscles de rivière,
Et le dernier souci sur un visage transformé. »

Paul Eluard / Suite / Capitale de la douleur



@ Patrick - Lucas ...

« Matin d’hiver matin d’été
Lèvres fermées et roses mûres

Déchirante étendue où la vue nous entraîne
Où la mer est en fuite où la plage est entière

Soir d’été ramassé dans la voix du tonnerre
La plaine brûle et meurt et renaît dans la nuit

Soir d’hiver aspiré par la glace implacable
La forêt nue est inondée de feuilles mortes

Balance des saisons insensible et vivante
Balance des saisons équilibrée par l’âge. »

Paul Eluard / Poésie ininterrompue



@ Estourelle ...

« La vie est bien aimable
Venez à moi, si je vais à vous c’est un jeu,
Les anges des bouquets dont les fleurs changent de couleur. »

Paul Eluard / Porte ouverte / Capitale de la douleur

Corinne a dit…

la vie s'écrit dans cette déchirure...

Et tu l'écris si bien...