lundi 18 juin 2012

Poème brisé







               Elle marche sur la rampe 
               sur la ligne écrite de son poème lisse 
               une griffe et un bec un oiseau sur la tête 
               mots cousus sur le drap      et sa voix 
               arrachée et brisée dans la gorge du lit 
               mots serrés et pointus   bouche ouverte 
               cri de verre   bris de glace   un revers 
               étourdissement de la vie    une ortie 
               brûle sa peau   la rougit   la fleurit 
               mal écrits sont ses mots 
               rapiécés et pincés 
               un fragment est tombé sous la ligne 
               piétiné le poème s’est brisé 




(Peinture : le point rouge / maria-d)

7 commentaires:

Patrick Lucas a dit…

tout en atmosphère !
très beau
magnifique aussi le point rouge ...

bises à vous

camille a dit…

Tout glisse comme un fil-de-fériste
avant que le vers ne se brise
il a un point rouge au côté droit

Très beau, oui.

jeanne a dit…

brisure de mots

François a dit…

Merci, on ne vous le dira jamais assez.
Merci.
Vos brisures sont d'amour.

Maïté/ Aliénor a dit…

une goutte de sang comme une planète d'amour.

arlettart a dit…

Parfois les mots et les pensées se brisent en éclats
Le temps reprendra les lignes brisées

maria-d a dit…

@ Patrick Lucas...

ionosphère
stratosphère
le point rouge
est une sphère




@ Camille

Ne pas oublier la main sur la poitrine. Tranquille.



@ jeanne ...

et éclats de phrases



@ François ...




@ Maïté...

je ne sais pourquoi votre commentaire m’a de suite remis ceci en mémoire, rien à voir me direz-vous… et pour tant !!!

"La fontaine de sang

Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend l'œil plus clair et l'oreille plus fine !

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !"

Charles Baudelaire




@ arlettart ...

Particules qui reconstruiront un autre univers… rien ne se perd





>>>>>>>>>>> à vous tous grand merci et beaux jours