dimanche 20 janvier 2013

Arbre de vie







               La mémoire est un fruit
               un noyau
               chair rouge  juteuse au cœur tendre
               empreinte à la gorge des souvenirs
               la présence de l’être           une feuille
               chlorophylle codifiée d’une présence divine
               témoin de la nuit
               où l’esprit s’anoblit
               arbre de vie
               aux sourcils fleuris
               peau ambrée

               arbre à myrrhe
or et encens





(Peinture : Arbre de Paradis / Séraphine Louis)

12 commentaires:

brigitte celerier a dit…

séduite par ce regard

Neo a dit…

arbre à vivre encore

O a dit…

"Comment passer de l’oeil qui lit à la main qui écrit ? Il y faut la traversée d’un corps et d’un monde, par laquelle le verbe se fait chair. Ce qui a été lu ne peut prendre corps dans un nouveau poème que s’il l’incarne dans la chair du poète, qui vit, souffre et désire."

Michel Collot (Paysage et poésie, du romantisme à nos jours - José Corti)


Vous êtes poète incontestablement, car vous savez vous approprier et ingérer le monde qui vous entoure, le faire vôtre, le faire chair de votre chair.
C'est magnifique.

Alain Gojosso a dit…

feuilles en Gemmes...

Bien à vous.

Maïté/Aliénor a dit…

J'ai tant aimé ce film Séraphine;
votre poème s'abreuve à cet arbre de vie, ses couleurs.
Mémoire...

dorio a dit…

Pour Maria-D
cette évocation
d'une toile d'Hundertwasser :

"la barbe gazon de l'homme démuni"
1961
ou le cadeau de mariage
à Yuko Ikewada



folet vert

un filet

qui englobe

cerveau en coupe

comme les cernes uniques

de notre arbre

oreilles détachées

de l'écorce

du Grand Pin

et les yeux sont quadruples

perchés

sur les toits d'or

et les immeubles enfantins

à chapeaux pointus

turlututu !

Neyde a dit…

Tes mots, Maria,
ont une cadence singulaire
que traverse l'âme,
prend le coeur.
On lit,
on relit,
c'est beau,
savoureux.
Je suis restée immobile regardant ma mémoire ...

jeanne a dit…

ma mémoire est incertaine
sélective
un soleil à reculons

maria-d a dit…

@ brigitte celerier ....

Merci




@ Neo ...

Oui, que jamais il ne s’éteigne




@ O ....

Ô ! merci , toujours vos mots sont bons à mon égard et cela gonfle mon égo… vous me donnez envie de me procurer et lire ce livre

Merci encore




@ Alain Gojosso ...

Pierres précieuses de la vie




@ Maïté ...

Oui, moi aussi et aujourd’hui je le connais par cœur tellement je l’ai épluché

Deux beaux personnages : Séraphine Louis et Wilhelm Uhde




@ dorio ...

Merci beaucoup cher Dorio pour cette évocation d’un artiste que j’aime particulièrement

Pour vous donc une petite résonance à vos mots… comme dans un atelier d’écriture


Turlutu

le Grand Pan

aux pieds pointus

arbre à cerneaux

la noix est dans le crâne

cervelle oléagineuse

poudre d’or

des engobes

oreilles peintes

sur le revers

les yeux en croix

étoiles des neiges

éternelles



@ Neyde...

le coeur étreint par l'âme
ou l'âme étreinte par le coeur
quelle belle image est la tienne mon amie
je t'étreins à mon tour
abrazo fuerte



@ jeanne ...

la mémoire est sélective
de cela j'en suis convaincue
;-)

Anonyme a dit…

Toute une vie enracinée
Gérard

Estourelle a dit…

C'est incroyable comme ce tableau est vibrant de lumière, j'avais aussi beaucoup aimé le film sur la vie de Séraphine jouée excellemment par Yolande Moreau, j'avais été ému par sa folie visionnaire et d'avant garde qui n'a pas été comprise...

Je retrouve ça dans vos mots
merci pour elle !

maria-d a dit…

@ Gérard...

et abreuvée par des eaux souterraines
;-))



@ Estourelle ...

Oui moi aussi ce personnage me touche comme me touche aussi celui de Camille Claudel,,, elles étaient habitées et bellement habitées... pour leur plus grand malheur, mais aussi leur plus grand bonheur...