dimanche 2 juin 2013

Taire la poésie







               Taire la poésie 
               ne point la dire et la mâcher 
               jusqu’au poème 
               dans le fond de la rime 
               et la forme du mot 

               Être de glaise 
               sculpté   patiné   filé 
               écrire en musique 
               singulière rencontre 
               dans l’essence de la phrase 

               Vol d’oiseau sur le bord des cils 
               danse en spirale 
               du cœur en sursauts




 (Encre : maria-d)

8 commentaires:

Pascal a dit…

Sculpter, la musique ...
Un mot, une phrase
Une rime, un poème
Un oiseau ... qui s'envole...
Du cœur ... clin d'oeil ...

Anonyme a dit…

Terrée
Atterrée
Se délivrant.

arlettart a dit…

Etre rien ...
un souffle en harmonie
Suis en cet état!! voir mon dernier billet si vous pouvez m'atteindre

Neyde a dit…

Comment taire la poèsie
si le coeur batte en rime
avec l'amour?
Vol de rêve dans l'âme,
d'ailes d'or de mots
et sentiments.
Comment taire la poèsie?

_______________________

Mil beijocas, minha amiga.

J... a dit…

La poésie : une histoire d'intimité.
♥♥♥

maria-d a dit…

@ Pascal ...

Je te donne ces vers

Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favorisé par un grand aquilon,

Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu’un tympanon,
Et par un fraternel et mystique chaînon
Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;

Être maudit à qui, de l’abîme profond
Jusqu’au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne réponds !
- Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,

Foules d’un pied léger et d’un regard serein
Les stupides mortels qui t’ont jugée amère,
Statue aux yeux de jais, grand ange au front d’airain !

Charles Baudelaire



@ Anonyme ...

Cette lumière peut-elle

Cette lumière peut-elle
tout un monde nous rendre ?
Est-ce plutôt la nouvelle
ombre, tremblante et tendre,
qui nous rattache à lui ?
Elle qui tant nous ressemble
et qui tourne et tremble
autour d'un étrange appui.
Ombres des feuilles frêles,
sur le chemin et le pré,
geste soudain familier
qui nous adopte et nous mêle
à la trop neuve clarté.

Rainer Maria Rilke




@ arlettart ...

L’Autre

"Je est un autre." Arthur R.

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chedid


(Je ne vois plus aucune image chez vous, et le déroulement du site m’est difficile)




@ Neyde ...

Le cœur volé

Mon pauvre cœur bave à la poupe,
Mon cœur est plein de caporal ;
Ils lui lancent des jets de soupe,
Mon triste cœur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste cœur bave à la poupe
Mon cœur est plein de caporal !

Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé.
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques,

O flots abracadabrantesques
Prenez mon cœur, qu’il soit sauvé !
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques :
J’aurai des sursauts stomachiques
Si mon cœur triste est ravalé :
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ?

Arthur Rimbaud

(Un abrazo fuerte querida mia)




@ J...

La Parole

J’ai la beauté facile et c’est heureux.
Je glisse sur les toits des vents
Je glisse sur le toit des mers
Je suis devenue sentimentale
Je ne connais plus le conducteur
Je ne bouge plus soie sur les glaces
Je suis malade fleurs et cailloux
J’aime le plus chinois aux nues
J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau
Je suis vieille mais ici je suis belle
Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes
Epargne chaque soir le cœur noir de mes yeux.

Paul Eluard

♥♥♥

Gérard Méry a dit…

L'encre de tes mots

Pascal a dit…

Avec "je te donne ces vers", je comprends qu'un silence vaut parfois mieux qu'un commentaire...Merci avec un sourire triste...