vendredi 5 août 2011

Il marche

.


Il avance chaque jour à l’heure de l’ouverture, et des jeunes apparences, sur le chemin des leurres et des nobles espérances... la fleur égratignée, le bleu effleure l'âme. Il avance chaque jour vers un demain frileux aux amours sur la planche.
Les nuages sont passés, le temps est revenu sur le chemin de boue... Là-bas, en contrebas dans le soir qui saigne et se griffe les joues…

L'été s'en va, là-bas, au coin du ciel roux.


Il sort de sous les plumes de la délivrance et avance sur le chemin de joie et d'espérance, sur le chemin futur où l'été se découd pour un jour se recoudre. Il avance et suit le vent, le gris, les cailloux et le vert des semences.
Il avance sans cesse, jamais il ne s’arrête, jamais il ne se pose, jamais ne se retourne, jamais ne se repose. Toujours il avance et recommence, se dépouille de l’hier pour se vêtir du jour qui l’emmène vers demain… demain un autre jour, une autre histoire sur le chemin qui va, sans retour possible, et coule vers demain et vers demain toujours...

Après le septième jour, revient le premier jour, qui avance sans retour vers le jour de demain...





(Peinture : L’homme qui marche / Alberto Giacometti)

10 commentaires:

François a dit…

Au commencement, le non retour.

michel, à franquevaux. a dit…

Oh, oui, avançons chaque jour.

jeanne a dit…

tes mots comme une litanie
avancer
un pied devant l'autre, en mouvement toujours
vers l'iconnu, demain
j'aime tant cet homme qui marche de giacommeti, mais ça tu le sais !!!

camille a dit…

Dans le film "Un jour sans fin", le héros est arrêté dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.
Dans votre texte, Il semble avoir donné un sens à la sienne.

Bonne journée

Corinne a dit…

Sur le chemin de l'été je m'en vais suivre son pas allègre, suivre le fil du temps....

Et bientôt m'en revenir...

merci pour ce beau texte.

jeandler a dit…

L'homme aux semelles de vent
sans boussole ni polaire
voyage vers l'infini

JJD a dit…

ÉCHOS À L'HOMME DE GIACOMETTI


Je me balance dans un de mes lieux de prédilection - ce tissu bleu et jaune,accroché à l'olivier par des cordes de lyre -

J'écoute les sautes de vent et regarde, comme un tableau de maître, ces feuilles d'un vert indéfinissable et les fleurs rares de l'arbre mythique sur fond d'azur.

Mimétisme, invention et petites ficelles de ce texte en construction, un transport inédit, en cet instant où j'imagine " la fleur égratignée, le bleu effleurant l'âme" de l'homme qui va de sa belle errance,sur les chemins de délivrance.

arlettart a dit…

Celui qui marche ...... seul moyen de poursuivre son chemin
Un jour je me suis arrêtée sur le bord du talus et me suis vue passer ,si vaillante ,alors je me suis prise par la main pour avancer encore un peu plus loin
Pensées Arlette

maria-d a dit…

@ François …
au commencement était le recommencement



@ michel de franquevaux …
chaque jour un peu plus



@ jeanne…
Litanie pour un non-retour



@ camille …

Je dirais même qu’il est prisonnier dans le temps …
Petit clin d’œil : http://www.youtube.com/watch?v=6Kh6lLHlXYI&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=xzW_7ANnHZI



@ Corinne …
Sur le fil s’absenter et en équilibre réapparaitre



@ jeandler …

homme aux semelles de vent et poète de sept ans
s’en allant les poings dans ses poches trouées



@ JJD …
Merci cher Dorio pour toujours vos beaux échos… un petit clin d’œil, souvenez-vous
"Aussi lorsqu'il y a dans l'air
Un doux parfum aphrodisiaque,
On peut voir les feuilles à l'envers
Dans mon hamac."

http://www.youtube.com/watch?v=_e0QkWmJUVE



@ arlettart …

Peut-être est-ce cela mettre à distance les évènements ???

Maïté/Aliénor a dit…

J'en étais sûre: une façon de glisser sur le temps sans se laisser accrocher par les arêtes tranchantes...
Giacometti et paroles du temps;;;::::///