jeudi 10 novembre 2011

La pierre frappe le cœur

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La pierre frappe le cœur, et la ronce griffe la plaie. L’œil se referme et la bouche lâche son cri qui inonde le lit. Le bruit est redoutable, et le bras bat la pluie qui tombe drue, glaciale dans le cœur de l’enfance. La nuit est un mensonge, une pierre engloutie. Dans la poche de la veste : une lettre, un secret et un sucre candi.


Sur le devant du lit, les larmes coulent bleuies, elles roulent et se bousculent sur la joue pâle, meurtrie. Dans les rainures du bois un œil se morfond, se confond et en oublie la pluie, le chagrin et le sang, et la mort haïssable qui coupe le présent. La mort est détestable, elle est froide, arrogante … elle est de nulle part, elle est dure, harassante.

Le marteau a frappé et la cloche a sonné. Trois fois, l’orage a tourné sur les revers du temps, puis il s’est endormi dans le lit du couchant. Une grande flamme rouge enserre l’horizon, une étrange lueur qui monte et nous habite jusqu’au tréfonds de l’âme. Des colonnes de lumière au-dessus de la plaine semblent se dilater. Sans doute il nous faudra tirer sur le devant.

Le soir n’est pas loin, les anges sont assis et attendent l’instant où le soleil tombera dans l’horizon en feu, dans l’horizon qui saigne et s’écorche la bouche à crier dans la nuit. Le cœur est poignardé, le cœur est explosé, la pierre l’a frappé et son sang a coulé. Le cœur est un soleil qui sombre à l’horizon.

Le cœur est un point rouge, le cœur est un rubis, une pierre sur la langue, une goutte de sang dans la cage thoracique de l’enfant que je fus.




(Peinture : maria-d)

7 commentaires:

brigetoun a dit…

et il faudra recommencer

jj dorio a dit…

PIERRES VIVES


Au moment où j'écris, ce sont pierres vives qui viennent en premier - lithos en grec -, puis, ayant mis par hasard, ou par nécessité, l'œil à la fenêtre, j'aperçois la lune, parfait croissant du dernier quartier...

Les pierres et la lune qui prennent feu dans ma tête, objets qui commencent à se former et à me réintégrer au monde qui s'éveille.

Et libre à vous - qui me faites l'honneur de me lire - de voir et d'entendre, à l'instant autre chose...

des hommes par exemple, si vous ouvrez le livre de Rabelais :"Je ne bastis que pierres vives, ce sont hommes".

Ou bien, Zic-zac! Zic-zac! c'est un Miró traçant dans l'air un oiseau, personnage, visage, paysage...qui vous ressemblent un peu.

François a dit…

Enfance délicieuse à coeur rompu.

Maïté/ Aliénor a dit…

à corps, à cris, à flamme, l'enfance brisée.
Rouge saigne encore et encore jusqu'au noir.

J... a dit…

Le soleil de minuit essuie les yeux pleins de pluie et adoucit les plaies bleuies.
Le soleil de minuit gonfle le coeur rubis d'un amour infini.
Cette goutte de sang, je la bois, c'est ma vie.
Et, c'est bon.
♥♥♥

maria-d a dit…

@ brigetoun…
il le faudra très certainement !!!


@ jj dorio …

Pierres vives et mots inscrits
L’œil écrit la lune croisse

Pierres écrites et mots appris
L’œil se pose la lune implose

Pierre de lune et tête de chou
Le monde s’allume la joue se joue

Les mots s’inscrivent l’honneur se noue
Libre est la chose à petite dose

Une pierre tombe une autre sombre
Dans le grand livre la pierre inonde

Dans le tableau l’oiseau se fond
Miró, Dorió c’est cent fois mieux



@ François…

Enfance à cœur
Le délicieux rompu



@ Maïté…

L’enfance saigne mais ne meurt pas



@ J... …

♥♥♥

Gérard Méry a dit…

Le rouge est tellement de choses...ta peinture que j'adore par exemple.