samedi 11 février 2012

La main, le cœur, la lèvre

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Une pierre jetée
au clair du crime

bel assassin
au jour pâli

la lune est rousse
aux yeux de sucre

la canne est blanche
sous le caillou

la main se froisse
le cœur respire

lèvres baisées
au vent parfait








(Sculpture : Barque St Julien pauvre / Georges Jeanclos)

10 commentaires:

brigetoun a dit…

et la statue et les mots sont beauté

François/O a dit…

Comme un retour sur soi
une ombre pâlit et se pose
sur le jour, sur la main
sur le coeur et la lèvre
une lumière assassine
qui inonde de joie

c'est très beau merci
et je goute ce "vent parfait"

"Dieu donne un cœur pour comprendre"
des mains pour apprendre
et des lèvres pour tendre


merci

Bruno a dit…

Mélodie du temps, le vent souffle son chemin , une pierre passe ...

arlettart a dit…

Et l'homme dans sa gangue surgit
Rien n'est figé
la vie se révèle
Belle sculpture

jeandler a dit…

Un berceau d'argile
tout de beauté
les mots le modelant

Anonyme a dit…

Sur son cou sans ...

Estourelle a dit…

Cette sculpture me fait penser
à un enfant très vieux enveloppé
d'un linceul et vivant encore
endormi dans une barque de sagesse...

maria-d a dit…

@ brigetoun ...
Le travail de Georges Jeanclos est d’une grande beauté, j’ai eu le bonheur de voir son travail et l’homme peu de temps avant sa mort … un grand artiste d'une sensibilité hors du commun...
Pour mieux connaitre l’homme : voir ce lien
http://www.youtube.com/watch?v=8UiIvjC9DDE



@ François/O ...
merci O, merci François, pour toujours saisir l’insaisissable … merci



@ Bruno ... une pierre passe et son empreinte s’incruste dans l’être



@ arlettart ...

« Je suis un modeleur. L’argile m’est familière (…) Je suis lié à la terre par toute mon histoire, depuis la Bible, Adam et Eve chassés du Paradis jusqu’à la Dormition pour le tympan de St Ayoul à Provins (…)
Je travaille courbé, les pieds bien écartés, les jambes fléchies, le torse flexible, les bras tendus et les mains grandes ouvertes (…). Les doigts raidis pressent entre les paumes de pain de dix kilos et une attaque oblique développe, en couches de plus en plus fines, une glaise que j’épouse de tout mon être.
Il faut suivre de très près ce fractionnement de la terre qui porte sa logique propre, épouser le hasard qui révèle l’inconnu. Rien n’est trop. Tous les gestes portent en eux la grâce, encore faut-il la repérer ».

Georges Jeanclos



@ jeandler ...
Une sculpture obsédée par les mystères de l’origine, de la propre origine de chacun, par le mystère du lignage, de la tradition de pensée, de la naissance, il y a en ces êtres éphémères la douceur et la cruauté de l’Homme… des traditions religieuses… et l’énigme du grand mystère … et la présence au monde…



@ Anonyme ...
... armure et sans haine, son cou



@ Estourelle ...

Un sculpteur ingénieux en preuve le portail de la cathédrale de Lille
http://www.flickr.com/photos/benplissken/4541683476/

Les êtres de Jeanclos, tous avec le même visage, dormeurs couchés en silence sous leurs couvertures d’argile grise ou embarqués dans des esquifs précaires…
enfants pris dans des bogues primitives… près à naitre ou renaitre

Après avoir vu les sculptures de Georges Jeanclos nous ne sommes plus le même… je peux en témoigner

Gérard Méry a dit…

Il y avait si longtemps que je n'avais pas écouté marc Ogeret

pierre.b a dit…

C'est le temps qui chavire entre deux rives...le coeur sur la main et les lèvres qui murmurent...C'est une barque et un corps d'argile fragiles...en voyage sous le vent...les détresses et tendresses..d'un lépreux rayonnant...Il y a le froid que l'on chasse...les sourires des soupirs..et les lèvres blessées que l'on presse contre soi..en priant..