samedi 24 mars 2012

Jour de miel






               Le jour est de miel
               et de pain partagé
               dans la boucle du ciel
               la nervure  des nuages

               crache le feu
               comme un volcan

               l’horizon est en  flammes
               les hommes
               ressassent leur ignorance

               à la bouche du fleuve
               une perle     une douceur
               un bonbon de  candeur
               une fraise de lait

               l’enfant court
               exhume  les  souvenirs
               d’hier
               dans la terre et la glaise
               magma
               enraciné dans le ventre de la mère

               le jour     le miel
               et l’oiseau impatient qui picore
               le pain





(Peinture : Magnificat / Yahne le Toumelin)

7 commentaires:

brigetoun a dit…

et le titre était irrésistible - et la suite ne décevait pas

J... a dit…

L'homme a ses limites, son/ses ignorance(s), il aimerait tout comprendre, tout maitriser et tout savoir, et contribue malgré lui à son propre malheur, et pourtant le savoir, la connaissance et ce qui nous rend plus libres dans nos actes, notre "agir", l'ignorance nous rendant dépendants et esclaves.
Ne pas ressasser certes, mais faire l'effort de ... ; s'élever toujours plus, non pas pour atteindre le pouvoir mais la grandeur.

Vois-tu où m'ont entrainée tes "hommes qui ressassent" ; ressasser c'est tourner en rond et comme le disait Ferré dans je ne sais plus quel texte "les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes".

en conclusion j'aime ton texte et cet enfant qui exhume le passé pour courir vers demain.
♥♥♥

O a dit…

"Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ;

Il y a sous ta langue du miel et du lait,

Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban."

Cantique des Cantiques (4:11)

camille a dit…

Le jour est de miel et de sucre doré
heureuse de vous retrouver chère Maria-D
il me faudra rattraper le retard
de belles lectures en perspective

Corinne a dit…

Couleur miel:
densité de la terre,
horizon qui s’embrase,
dorure du pain
de souvenirs ou d'ignorance
ressourcement de chaque jour

Frederique a dit…

Pour une fois, je vais être directe : pourquoi ce titre, "jour de miel" ? Tu ironises, Maria, sur ces jours sans pain partagé, sur le magma de la mère ? La mère est un volcan qui se repose, se dédouane (désolée, mais c'est ce que je pense) sur la fertilité qu'elle engendre en dépit de toutes les douleurs qu'elle tait. Je ne parle pas ici de nos continents. Je fais référence aux continents où elle n'existe qu'en fonction de sa matrice. Et les enfants y fouillent. Curieusement, mais c'est ce que j'ai observé, entendu, les garçons vouent à leur mère une fidélité, une compassion que notre occident tait. Tu soulèves bien des questions. L'ignorance de nos civilisations est condamnable. L'ignorance des incultes mérite indulgence. Sommes-nous, nous les cultivés, les éduqués, sans partage ? Oui, je crois que nous sommes des cancres. Repus, nous avons la digestion difficile.

maria-d a dit…

@ brigetoun ... alors, il fut bon de s'aventurer ;-))


@ J... "s'élever pour atteindre de la grandeur" cela me va...;-))


@ O... merci pour ceci

en retour cela :

LE CANTIQUE AU MIEL

"Le miel est la parole du christ
L’or fondu de son amour,
L’au-delà du nectar,
La momie de la lumière du paradis.

La ruche est une chaste étoile,
Un puits d’ambre alimenté au rythme des abeilles,
Le sein des campagnes, tremblant d’arômes et de bourdonnements…

Le miel est l’épopée de l’amour,
La matérialité de l’infini,
L’âme et le sang plaintif des fleurs
Condensés à travers un autre esprit.

Et le miel de l’homme est la poésie
Qui coule de son cœur endolori,
Rayon dont la cire est le souvenir,
Façonnée par l’abeille la plus intime.

Le miel est la bucolique lointaine
Du pasteur, la flûte et les oliviers,
Le frère du gland et du lait
Qui régnaient en l’âge d’or.

Comme le soleil du matin, le miel
A tout le charme de l’été
Et la fraîcheur ancienne de l’automne.
C’est la feuille morte et le blé.

Ô divine liqueur d’humilité
Aussi sereine qu’un vers primitif !


Tu es l’harmonie incarnée
Et la géniale essence du lyrisme
En toi dort la mélancolie,
Le secret du baiser et du cri.

Ô douceur ! Le doux est ton attribut,
Doux comme le ventre des femmes,
Doux comme les yeux des enfants,
Doux comme l’ombre de la nuit,
Doux comme une voix, ou comme un lys.

Soleil qui éclaires les pas
De celui qui porte la peine et la lyre,
Tu équivaux à toutes les beautés,
A la couleur, à la lumière, à la musique."

Federico Garcia Lorca


@ Camille...

jour sucré, vous me revenez et c'est un grand bonheur...


@ Corinne...

chaque jour recommencé, une épreuve, une douceur pour boire à sa source... merci



@ Frederique ...

"Loin de s'émerveiller, la pensée objective doit ironiser."

Gaston Bachelard / La psychanalyse du feu