mardi 14 août 2012

Virage







Dernière braise
le cœur est bleu
petite averse

gouttes d’éther
les cils pliés
rimmel
et fièvre de l’été

rivière ouverte
larmes d’un soir

libre est l’esprit
nuage
la terre tremble

saison des nudités
un peu de peau

une blessure
fraicheur de l’eau

les champs de blé
épis      moisson
sueur aux lèvres

incandescence
le haut   le bas
un nœud coulant

papier de soie
une main abrite
l’enfant   sa croix

rides du ciel
la marque éprise
de l’horizon

soleil de pierre
un incendie
au soir naissant

illusion et confusion
sous le rideau
la terre brûle

une eau d’éther
dans les grands soirs
des transmissions




(peinture : Virage / Yahne Le Toumelin)

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Anonyme, ici nous sommes à la poésie.
Je pensais que le temps vous avez oublié(e.
michel, à franquevaux.

jeanne a dit…

de l'eau
du bleu au feu
la vie aussi

François a dit…

Ici, la poésie est une caresse qui apaise l'âme, un souffle de lumière qui traverse nos coeurs.

Poète vous êtes, sachez-le.

maria-d a dit…


@ Vous


"Je suis nu comme un poteau de téléphone
Ce sont les derniers jours d’avril, tout est en train d’éclore.
Privilégié, vivant, en face de l’arbre rouge
Près des pivoines de la Chine
Je me sens enfermé entre ces quelques murs
Une plainte s’élève en moi
Il y a trois roses à ma fenêtre
Que de petits malheurs il te faut encore vivre
Avant l’accomplissement, si celui-ci existe
Eros et Thanatos, c’est toujours la lutte et jusqu’ici l’amour des mots, un vague amour de Dieu
Ont soutenu l’Eros pour traverser mon ombre et revoir le soleil.
Demain, je tente le pari
Sortir de la pénombre
Grâce au laser revoir peut-être la lumière
Je me rappelle la joie de laure après sa cataracte
En voyant de vraies fleurs, la vraie terre et le ciel
C’est au Jardin des plantes
Elle revoir le prunus rose
Comme elle est heureuse de voir ce que tous voient
Si la lumière revient, je voudrais travailler
Assembler les mots comme les fleurs, des plantes, non comme des idées.
L’action, la sœur du rêve, quelle étrange pensée
Le rêve est l’origine
A quel moment, dans quels abîmes ?
Rayon de soleil sur les roses
Le ciel s’éclaire et tantôt s’assombrit
Qu’est-ce qui s’exprime dans ta si longue, dans ta si courte vie
Qui n’est à la mesure des arbres ni des tours ?
Tant de luttes, de livres, tant de travaux
Tu ne sais toujours pas si un vrai but est là
Avec ses défenseurs, ses demis, ses avants
Toute une équipe adverse en tissus de couleurs.
Le poème ne conduit pas, il est conduit
Ainsi qu’un mot, deux mots, dont l’innocence
Soudain fait apparaître
Notre céleste insuffisance."

Henri Bauchau Mai 2011
Tentatives de louange / Actes sud … p. 42 et 43

Gérard Méry a dit…

J'aime bien la fleur aux lèvres

arlettart a dit…

Coquillage nacré
quand la mer infinie
se retire
Belles pensées vers vous devant tant de beauté