vendredi 11 mai 2012

Elle [2]








               Elle manque de mots                 de raison
               lorsque son cœur cogne à la porte
               sa poitrine s’ouvre                     trêve
               des jours suspendus                aux lèvres                
               des étoiles                morte est la chair
               la nuit s’allonge         les yeux se cernent
               vomissures du ciel et des phrases
                                                    chagrins
               pluie de cendre et de mots fatigués
               la mort est au travail nul ne peut la contrer





(Peinture : Portrait de Maude Abrantes / Amedeo Modigliani)

9 commentaires:

camille a dit…

"Il pleure dans mon coeur"

c'est triste et beau, les affres de la vie.
un soleil pour vous chère Maria-D

Frederique a dit…

Encre à recueillir pour écrire

Gérard Méry a dit…

Un aller sans retour ? ...moi je compte revenir d'Espagne je pars ce soir...à très vite Maria

arlettart a dit…

Mort où est ta victoire???

mémoire du silence a dit…

Cet écrit n'est pas triste et ne parle pas de mort... ... mais de ...... ... ... ... autre chose

virtuelle a dit…

...cet autre chose qui s'ouvre et s'accroche aux ailes d'un oiseau de papier fragile et léger emporté par le vent..
Bien à vous Maria

maria-d a dit…

>>>>> @ Vous


Ya oscuro

No es vida a quien veo,
ni soy yo quien la miro.
Con la luz se ha perdido – ¿ para siempre ? –
mi ser del día, ya,
y no ha venido aún el de la noche.

Es un momento
en que somos mi vida y yo momento,
– ella de mí, yo de mi vida –,
ni luz ni sombra,
ni verdad ni mentira,
–¿ acaso otra mentira, otra verdad,
Otra sombre, otra luz ? –

Una vida y un yo
de fuera de nosotros.
No soy yo quien la miro,
ni es mi vida a quien veo

Juan Ramón Jiménez / Belleza / José Corti


traduction :


Déjà obscur

Ce n’est pas ma vie que je vois,
ni moi qui la regarde.
Avec la lumière s’est perdu – pour toujours ? –
mon être du jour, déjà,
et celui de la nuit n’est pas venu encore.

C’est un moment
où nous sommes ma vie et moi moment,
– elle de moi, moi de ma vie –,
ni lumière ni ombre,
ni vérité ni mensonge,
– un autre mensonge peut-être, une autre vérité,
une ombre autre, une autre lumière ? –

Une vie et un moi
du dehors de nous.
Ce n’est pas moi qui la regarde,
ni ma vie que je vois.

Juan Ramón Jiménez / Beauté / José Corti

ulysse a dit…

Des êtres que l'on croise hélas tous les jours...

jeanne a dit…

rien ni personne
mais en attendant...